• De l'art d'être un punching ball...

    C'est bien connu, l'assistante sociale reste zen en toutes circonstances... Elle peut tout entendre, essuyer la colère de la terre entière, comprendre, assister, consoler, faire de la médiation...

     

    Oui mais, j'ai un scoop... L'assistante sociale est un être humain... Parfois, elle est fatiguée, fragilisée, irritée... Parfois? Souvent même...

     

    Dans un service hospitalier, l'AS peut être aidante, facilitatrice... Mais aussi poser les limites d'une hospitalisation et provoquer la sortie...

     

    Et là, le rôle est moins drôle..

    Lors d'hospitalisation de longue durée, certaines familles trouvent une forme de confort à l'hospitalisation... Elle rassure... Surtout dans un service où les médecins sont présents 24h/24h...

    Le fantasme de la toute-puissance face à la mort qui rôde...

    Surtout quand on ne veut pas entendre le glas de la maladie invalidante, évolutive...

     

    Alors quand on annonce la prévision de la sortie même à trois semaines, on s'entend dire que:

    - Rien n'est prêt à la maison... (heu ben il se passe quoi depuis 3 mois...)

    - Maman travaille à la maison et ne va plus pouvoir le faire (heu ben, et avant alors?)

    - Qu'il n'y aura pas de kiné... (et qui me disait il y a 5 minutes que l'équipe ne faisait rien...)

    - Que le patient n'est pas guéri... (ben non, le doc a perdu sa baguette magique...)

    - Que ce n'est pas le projet défini au départ... (ah c'est vrai?? On a prévu de changer la réa en centre d'hébergement?)

    - Que le divorce n'est pas prononcé... (en même temps, ça fait 10 ans que ça dure...)

    - Que nous sommes violents, inhumains, impossibles... ( eh eh la porte est ouverte...)

    ... Liste non exhaustive... les reproches ont duré 40 minutes...

     

    Au fil de l'entretien, je me suis sentie me liquéfier... Face à l'impossibilité de fuir ou d'exploser, dans l'obligation de subir... J'ai eu l'impression de faire la tortue...

    VITE... Rentrer la tête dans ma carapace, ne plus voir, ne plus entendre, ne plus sentir... Ne plus souffrir...

     

    J'ai eu envie de crier, de pleurer, de balancer des horreurs... Mais heureusement (ou pas...) le vernis de la formation a eu raison de moi...

    Alors j'ai entendu et attendu...

     

    Et puis j'ai repris, sur la sortie, sur la colère, sur les difficultés d'aval, sur la nécessité pour le jeune de reprendre une vie civile... à la maison... avec les siens... même dans un lit médicalisé... même avec la trachéotomie et l'assistance respiratoire... même avec ... même...

    Et puis, on a changé les objectifs de l'entretien, abordé l'intérêt de la recherche génétique pour la fratrie... Supporté le déni: " oh mais lui aussi il aura des enfants, c'est possible!"...

     

    Oui, beaucoup de choses sont possibles en 2011... Mais sont-elles souhaitables?? Mais ça, c'est la voix OFF qui parle... Le déni, je le laisse à la psychologue... Y'a trop de moulins... Et je ne suis pas Don Quichotte...

     

    Au final... La famille a gagné 15 jours sur la sortie... Et puis la mère s'est excusée... Me signifiant que toutes ses critiques n'étaient pas pour moi... Mais qu'il fallait bien qu'elles sortent... Et que moi, je prends le temps d'entendre... Et elle, de ne pas vouloir comprendre qu'on forme une équipe... Que j'ai ma part de responsabilité dans l'annonce de la sortie...

     

    Et de me faire violence, encore, après les récriminations en me serrant dans ses bras contre mon gré, parce que vous: "Je vous aime, on peut tout vous dire"...

     

    NONNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNN

     

    (entretien non digéré, j'y reviendrai...)

     

     

     

     


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